Le Grimoire de Brindelle
Et si vous étiez, vous aussi, une sorcière ?
Je suis une sorcière, une sorcière verte de magie blanche. Qu’est-ce que cela signifie ? Si l’on dépouille ce mot de tout ce qui l’a recouvert avec le temps, pour revenir à son essence la plus simple et la plus ancienne, une sorcière est, tout simplement, une « femme qui sait ».
Avant que le cinéma ou les mythes ne déforment ce terme, les « sorcières » des villages étaient simplement des femmes sages : celles qui savaient quelle plante pouvait apaiser une fièvre et quelle pierre calmait l’âme. Beaucoup d’entre elles, dans les terres catholiques, étaient des femmes profondément croyantes, qui voyaient dans leurs remèdes la main de Dieu. Elles ne cherchaient pas l’obscurité ; elles aimaient la vie et la Création.
Cependant, je sais qu’aujourd’hui ce mot réveille des idées très confuses. C’est pourquoi il est important de préciser que mon univers n’a rien à voir avec une mystique sombre qui chercherait à faire le mal ou à nuire aux autres. Il ne s’agit pas non plus de courants comme la Wicca, ni de pratiques divinatoires comme le tarot, qui sont simplement d’autres chemins, étrangers à ce que je fais.
Mon intention est uniquement de retrouver ce sens premier de connexion à la nature, de soin du foyer et d’écoute des choses simples.
Dans cette perspective, la sorcière verte se définit à travers trois caractéristiques essentielles.
1. C’est la femme intuitive, celle qui écoute son âme.
Le mot « sorcière » (dont l’origine ibérique ancienne serait liée à l’idée d’« esprit » ou d’« être de lumière ») désigne ici une femme qui ne s’arrête pas seulement à la surface des choses. C’est une femme intuitive, qui sent qu’il existe « quelque chose de plus », qui perçoit les énergies d’un lieu, d’un moment ou d’une présence.
Elle écoute ce que beaucoup ignorent. Elle remarque les atmosphères, les silences, les signes discrets de la nature et les mouvements subtils du cœur.
2. C’est la sage de la nature, l’apothicaire originelle.
Historiquement, avant que les hommes de loi et de religion de leur époque ne veuillent tout contrôler, les « sorcières » des villages étaient souvent les guérisseuses du peuple.
C’étaient des femmes qui savaient à quelle phase de la lune cueillir une racine pour qu’elle ait plus de force, qui comprenaient quelle plante pouvait soulager une fièvre et quel minéral pouvait calmer l’inquiétude. Elles étaient les gardiennes des secrets de la Terre.
3. C’est la femme qui transforme, la créatrice d’intentions.
Une sorcière verte est une alchimiste. Elle ne déplace pas les objets par la pensée et ne vole pas sur un balai ; sa magie est la capacité de donner un but aux éléments de la nature à travers une intention.
Prendre des éléments de la nature qui semblent immobiles, comme la cire, la lavande séchée ou l’améthyste, et les unir avec un but clair : inviter la paix, attirer les bonnes énergies, créer un moment de calme ou accompagner un souhait. Car tout, dans l’univers, est énergie et vibration. La matière n’est pas statique : les atomes sont en mouvement constant, et les minéraux possèdent leurs propres structures cristallines, leurs propres spectres de vibration. La magie, en réalité, c’est entrer en résonance avec les lois de la nature.
Et qu’est-ce qu’être une sorcière verte de magie blanche ?
Ces étiquettes ne sont pas des règles strictes ; ce sont simplement des façons de définir ce que fait une sorcière et dans quelle intention.
Je suis l’une de ces sorcières qui écoutent leur intuition et se relient profondément à la Nature. Lorsque nous nous éloignons de la terre, nous tombons malades. C’est, au fond, la philosophie d’une sorcière verte.
Beaucoup de personnes pensent que cette connexion est purement imaginaire, mais la science nous montre que ce que l’intuition pressent possède une base réelle.
Si nous regardons une améthyste, elle nous semble être un objet immobile. Mais si nous l’observons à une échelle atomique, ce qu’elle contient est un véritable festival de mouvement : des électrons qui gravitent à des vitesses incroyables, du vide et de l’énergie pure. La matière est, en réalité, de l’énergie incroyablement condensée.
Le fait de ne pas voir à l’œil nu le mouvement de l’améthyste, ou l’influence subtile de la lavande, ne signifie pas que cela n’existe pas. Cela agit simplement à un niveau que vos yeux ne perçoivent pas, mais que l’intuition est capable de pressentir.
Alors, êtes-vous, vous aussi, une sorcière verte ?
Si vous aussi, vous faites partie de celles qui sentent qu’un espace est chargé et a besoin de calme ; si vous percevez quand une personne cherche la paix en silence ; si vous vous arrêtez pour observer la beauté d’une fleur sauvage, de la pluie, ou si vous cherchez le refuge de la nature pour recharger votre âme… vous n’imaginez pas des choses.
Ce n’est pas de la superstition. C’est simplement cette même sensibilité subtile que l’histoire a tenté d’éteindre.
Parfois, elle se manifeste dans les plus petits détails du quotidien : dans votre besoin d’ouvrir les fenêtres pour renouveler l’air et laisser partir les mauvaises vibrations, dans le geste spontané de déposer un escargot en lieu sûr avant que quelqu’un ne l’écrase, ou dans le soulagement que vous ressentez en allumant une bougie à la fin d’une journée épuisante, à la recherche d’un moment de recueillement.
Ce sont des rituels simples et spontanés, nés de l’intérieur, une façon instinctive de chercher l’équilibre.
Si vous regardez le monde avec ce respect, en cherchant le bien et l’harmonie à travers les choses simples, vous n’avez pas besoin de grandes formules ni de rituels complexes. Votre intuition est votre guide. Si vous sentez cette connexion profonde avec la terre et ce désir sincère de donner de l’amour, alors oui : vous aussi, vous êtes une sorcière verte.
Brindelle